(Reuters) - Le Sénégal doit éponger 1 956 milliards de francs CFA (3,5 milliards de dollars) d'arriérés de paiement dans le cadre de ses efforts pour assainir ses finances publiques, a déclaré mardi le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo.
Ces arriérés risquent de ralentir l'activité économique du pays et de provoquer des pertes d'emplois, a-t-il ajouté.
La semaine dernière, le FMI et le Sénégal ont annoncé être parvenus à un accord au niveau des services pour un plan de prêt de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Un précédent programme du Fonds monétaire international avait été suspendu en 2024 après la révélation de déclarations inexactes sur le niveau de la dette sous le gouvernement sénégalais précédent.
M. Lo a précisé que ce pays d'Afrique de l'Ouest ne s'engagerait pas dans une restructuration de sa dette, choisissant plutôt de la reprofiler.
« Le reprofilage consiste à allonger les échéances et à renégocier les taux d'intérêt », a-t-il expliqué, précisant qu'une trentaine de conventions minières étaient actuellement en cours de renégociation.
Le ministère sénégalais de l'Économie et des Finances a indiqué la semaine dernière avoir accepté un « cadre commun renforcé » afin de restaurer la « viabilité de la dette », ajoutant que la dette libellée en francs CFA serait exclue de cette réorganisation.
Ce que le Sénégal entend exactement par « cadre commun renforcé » reste flou, Dakar ayant fourni peu de détails sur ses intentions.
Le Cadre commun du G20 est un mécanisme mis en place pendant la pandémie pour coordonner les restructurations entre les créanciers officiels, notamment les membres du Club de Paris et de nouveaux prêteurs comme la Chine.
Bien qu'il soit censé accélérer l'allègement de la dette et garantir un traitement équitable entre créanciers, ce dispositif a été critiqué pour la lenteur des négociations et l'incertitude de ses résultats.
Même si le Sénégal affirme qu'il ne restructurera pas sa dette, les investisseurs considèrent souvent le rallongement des échéances et la baisse des taux d'intérêt comme des formes de restructuration, dans la mesure où ces mesures modifient les conditions initiales.






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